Qu’est-ce que le journalisme d’impact ?

Chaque jour, partout dans le monde, des gens agissent contre les difficultés du quotidien ou les problèmes plus profonds rencontrés sur toute la planète. Ils innovent, créent, inventent, s’investissent, proposent : bref, il tentent de trouver des solutions. Le journalisme d’impact (ou de solution) consiste à mettre en lumière ces alternatives.

Il ne s’agit pas d’un journalisme de « bonnes nouvelles » – et encore moins d’un journalisme qui occulte les difficultés -, mais d’un journalisme qui traite les problèmes sous l’angle de leurs possibles solutions. Si les médias ont l’habitude de parler des « trains qui arrivent en retard », il est tout aussi pertinent de s’intéresser aux solutions pour qu’ils ne le soient plus.

Le journalisme de solution a ainsi un double impact. Il dénonce et alerte d’abord en parlant des problèmes. Il fait ensuite naître l’envie d’agir en proposant des alternatives ou des pistes de réflexion.

Le journalisme de solution, un réel impact

Une étude menée par l’Engaging News Project, un centre de recherche américain de l’Université du Texas montre que le lectorat est plus réceptif à l’information quand elle met en avant des solutions, et que cela renforce son intérêt pour l’actualité.

Sur un échantillon de 755 Américains adultes, une partie a été confrontée à un article qui se concentrait exclusivement sur un problème (les effets d’expériences traumatiques sur les écoliers américains ; le manque de logement dans les villes américaines ; et la pénurie de vêtements chez les pauvres en Inde), tandis que l’autre partie des sondés lisait une version augmentée du même article évoquant une solution potentielle au problème soulevé.

Les résultats de l’enquête montrent que le lecteur intègre mieux l’information dans la version «solution» : il estime avoir davantage compris et mémorisé le sujet, ce qui aiguise sa curiosité. L’originalité et la plus-value de l’article sont plus souvent mises en avant par les lecteurs de l’article orienté solution. Les chercheurs notent que la démarche «problème-solution» a des «retombées bénéfiques pour les organes de presse» en termes de confiance et de fidélisation. Les lecteurs de la version solution ont «davantage envie de lire d’autres articles du même auteur, du même journal, ou sur le même thème» que les lecteurs de l’article dépourvu de solution. L’envie de partager la lecture avec leur entourage ou sur internet était aussi plus forte. Enfin, ils se sentaient «plus optimistes, plus aptes et/ou enclins à agir» pour résoudre le problème.